Le
nom de Daguerre est resté, mais son procédé
oublié. Son plus grand mérite fut de familiariser
le public avec le concept de photographie dont il ne
pourra plus se passer désormais; mais les fondements
chimiques de la technique moderne sont issus d’une autre
source expérimentale, les travaux de William
Henry Fox Talbot, contemporain de Daguerre. Talbot marque
le retour au chlorure d’argent. En 1834, il avait réussi
à en augmenter la sensibilité par un excès
de nitrate d’argent; plus tard il ajoutera aussi de
l’iodure, puis de l'acide gallique (produit réducteur),
et soumettra le tout, après exposition, à
un développement physique par une solution d’acide
gallique en présence de nitrate d’argent. C’était
le procédé Calotype, procédé
négatif, dont il fallait huiler le papier pour
le rendre transparent et en tirer un positif. En 1840,
Hippolyte Bayard en fit un procédé positif
direct, par solarisation et ioduration. Autre fait d’importance
capitale: sir John William Herschel avait découvert
en 1819 que l’hyposulfite de sodium est un excellent
solvant des sels d'argent, fait qu’il communiqua en
1839. C’est grâce à ce fixateur que la
photographie a pu faire des progrès et même
exister!
Le papier négatif
n’était pas une surface idéale. En 1851,
Frederick Scott Archer inventa la plaque au collodion
humide et à l’iodobromure d’argent sensibilisé
au nitrate que l’on développait à l’acide
gallique ou au sulfate ferreux. Ce procédé
était effroyablement compliqué et laborieux,
mais les plaques assez rapides donnaient des images
très fines; c’est pourquoi il fut universellement
adopté. Les positifs étaient tirés
sur du papier salé albuminé, indiqué
par L. D. Blanquart-Évrard, papier
qu’il fallait préparer encore soi-même
(il ne fut fabriqué industriellement qu’en 1870).
En 1851, J. M. Taupenot proposa les plaques
au collodion sec, auquel C. Russell ajouta du tanin
en 1861: elles étaient plus pratiques mais bien
moins rapides, de même que le collodiobromure
prêt à l’emploi de Sayce et Bolton (1864).
Cependant, les grandes découvertes ne vont pas
tarder à se succéder:
– 1861: premier
développement chimique par C. Russel, au
pyrogallol ammoniacal, pyrogallol proposé indépendamment
en 1851 par H. V. Regnault et par Justus Liebig;
– 1868: premières
émulsions au gélatino-bromure d’argent,
par W. H. Harrison, puis en 1871 par R. L. Maddox.
Déjà en 1856 on avait vu la Norris Dry
Plate à la gélatine;
– 1873: J. King
découvre la nécessité du lavage
de l’émulsion gélifiée et réduite
en nouilles, pour éliminer les sels solubles,
sous-produits de la précipitation. La même
année, J. Johnston découvre une autre
nécessité: celle d’effectuer la précipitation
du bromure d'argent en présence d’un excès
de bromure, puis la possibilité d’ajouter de
l’ammoniaque (1877)
 
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